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Noël, la fête des marchands ?

D’ici quelques heures, nombre de familles, de toutes confessions, fêteront Noël. Chacune à sa façon. Certains mangeront la traditionnelle dinde, d’autres des dattes Deglet Nour, chacune habillera cette fête en fonction de ses propres traditions.

Le caractère chrétien de la fête de Noël, s’il reste très présent, n’est plus une condition sine qua non de sa célébration. Juifs, musulmans mais aussi athées profitent également de cet événement pour se réunir autour d’un bon repas et s’offrir des cadeaux.

Cette sécularisation de Noël, c’est à dire son adoption et sa pratique au-delà des différences culturelles et religieuses, sont à la fois le signe que l’intégration est une réalité et que celle-ci est rendue possible par la capacité à consommer de chacun.

Depuis que le monde marchand s’est accaparé Noël, faisant de celui-ci une fête avant tout commerciale (le costume rouge du Père Noël, nous le devons principalement à Coca Cola), sa célébration s’est étendue à toutes les communautés du pays.

Ce détournement, à des fins commerciales, de la fête de Noël a contribué à rapprocher les communautés et, dans le même temps, à la désacraliser pour en faire quelque chose à l’image du libéralisme mondialisé et sans aucune limite qui domine notre époque : ni frontière, ni morale. Ce constat, on peut également le faire pour la Toussaint qui, en “devenant” Halloween, permet à des enfants de différents continents de partager des “traditions” devenues communes.

Noël et la Toussaint (et d’autres “fêtes” créées de toute pièce comme la fête des pères ou la fête des mères), sont devenues avant tout des affaires de gros sous. Les marchands du Temple ont vidé le culte de son sens sacré pour que ces fêtes deviennent avant tout une affaire d’argent. C’est LA raison pour laquelle Jésus, dont on s’apprête à fêter la naissance, sera mis à mort par l’autorité religieuse, principale bénéficiaire des offrandes des fidèles.

Pour s’en convaincre, il suffit de parcourir les médias qui, faisant référence à des études, des sondages ou des communications gouvernementales, commentent les niveaux attendus de dépenses ou les “coups de pouce” à la croissance nationale que tel ou tel millésime aura permis ou pas.

Les individus ont besoin de croire, besoin d’espérer, et ce besoin ne peut être comblé par l’acte compulsif d’achat et de consommation. Inassouvi, il peut devenir l’espace vide dans lequel s’insinue la radicalité, l'extrémisme politique, le terrorisme, la racisme, le repli sur soi...

Le libéralisme mondialisé, qui prône la concurrence généralisée comme seul facteur de progrès (parce qu’elle ferait baisser les prix), a donc contribué à produire une société mondiale sans repères et sans valeurs, marquée par l'individualisme. Chacun veut y faire triompher ses propres valeurs contre celles d’autrui.

 

En cette fête de Noël, j'ai envie de marcher au milieu d’une forêt vivante et réfléchir au système qui tente de m'aliéner. Nous devons apprendre à limiter nos envies matérialistes. Il faut retrouver cet objectif qui devrait nous mobiliser à toutes les époques : moins de biens, plus de liens ! Pensez-y !

Bonnes fêtes mes amis !

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